La Grande Barrière

Le roman La Grande Barrière propose un récit des navigations normandes qui ont conduit à montrer, sur les cartes faites à Dieppe à l’époque de François 1er, les contours de ce qui ressemble fort à l’Australie d’aujourd’hui. Selon l’histoire officielle, ce quasi-continent a été pour la première fois approché par des navigateurs européens, néerlandais, en 1606. L’étude des cartes dieppoises, cependant, a conduit à admettre l’hypothèse d’une « découverte » plus précoce, qui aurait été le fait des Portugais, présents à l’est de la mer des Indes dès le début du XVI° siècle. Les Dieppois auraient cartographié des lieux reconnus par d’autres.

L’étude L'Australie sur les cartes dieppoises : une approche française, figurant sur le présent site, avance des arguments en faveur d’une visite effective par des navigateurs normands de certaines des côtes australiennes dans le cours de la première moitié du XVI° siècle. Peut-être concomitante à celle de Portugais, une telle reconnaissance fournit en tout cas une explication de ce qui se voit sur les cartes dieppoises plus convaincante que celle d’une sorte de service rendu à une puissance ibérique, vis-à-vis de laquelle les marins français de l’époque étaient quotidiennement en concurrence. Nul ne soutient que les dessins du fleuve Saint-Laurent sur les mêmes cartes de l’École de Dieppe auraient été empruntés à des découvreurs autres que Jaques Cartier.

C’est ainsi une approche française plausible des côtes australiennes que raconte La Grande Barrière, dont le titre renvoie bien entendu à la grande barrière de corail. Celle-ci se situe exactement là où la mappemonde de Desliens, faite en 1541, place, à la droite du dessin de la masse continentale représentée après Java, une ligne de pointillés orientée nord-ouest / sud-est et qui, dans la cartographie de l’époque, ne désigne rien d’autre qu’une barre de récifs.